Montréal – Natashquan (au temps de Katrina!)

Août 2005

Montréal – Natashquan, oui mais … pas cette fois-ci !

Ce sera Percé, Katrina l’a décidé ainsi.

Un voyage de 2250km

Jour 1 Montréal – Deschaillons

Aujourd’hui c’est les vacances. Mes deuxièmes en moto cette année. Au mois de Juin, j’étais descendu en Caroline du Sud. Cette fois-ci, j’ai bien envie d’aller faire un petit tour du côté de Natashquan à l’Est de Setp-îles, tout au bout de la route, le Pays de Gilles Vigneault.

La météo nous annonces du mauvais temps. Un ouragan de force 5 fait rage en Nouvelle-Orléans, aux Etats-Unis, les forts vents et le courant jet, devraient nous apporter de la pluie abondante dans les prochains jours. Le temps est d’ailleurs déjà nuageux.

Je quitte quand même Montréal, il y a longtemps que je ne me fis plus aux météorologues pour organiser mes sorties en moto. L’important c’est d’être bien équipé. Trop de beaux et de bons moments ont étés raté à cause de prévisions qui ne se sont pas réalisés.

Je roule vers l’Est. Je veux passer la nuit chez deux de mes tantes en bordure du Fleuve St-Laurent, à Deschaillons, entre Trois-Rivières et Québec sur la 132. Ce n’est pas très loin, comme il est déjà 13h30 j’y serais sans peine pour souper.

J’en profite chez elles pour me mettre aux faits de la météo à venir. Météomédia nous montre les ravages que Katrina a laissés derrière elle, en Nouvelle-Orléans. C’est terrible, plusieurs centaines de morts. Plusieurs milliers de sans abri.

Jour 2 Deschaillons – Baie Ste-Catherine

Vers les 9 heures, je quitte les tantes. Petit déjeuner au resto du village. Je passe le pont de Québec, et roule tranquillement en direction de la basse ville. Le temps est nuageux, les grandes averses ce n’est pas pour tout suite. J’ai du temps devant moi pour rouler et peut-être que passé le Saguenay, la pluie ne viendra pas aussi au Nord. C’est à voir.

En passant, j’arrête à Château-Richer chez une autre de mes tantes. Question de dire bonjour et de prendre une pose. Ils n’y sont pas, mais je profite de l’arrêt pour me réchauffer un peu, assis sur leur galerie. La chaleur des rayons du soleil ce fait sentir. Depuis ce matin le froid, se faisait un peu désagréable.

Je reprends la 132 vers l’Est direction la belle région de Charlevoix. Je ne me sens pas pressé. La route est belle, le temps est clément, c’est le calme avant la tempête. Je fais les Baies, les Anses.

Je roule en touriste. Port aux Persils, toujours aussi beau.

Passé St-Siméon, j’arrête pour la première fois à Baie des Rochers, c’est magnifique, peu fréquenté, probablement parce que la route n’est pas très carrossable. C’est un détour qui en vaut encore la peine… J’arrive à Baie Ste-Catherine, je vais y passé la nuit. Je ne camperais pas ce soir. La pluie forte s’en vient. Le froid me décourage de monter la tente. Motel 45$/nuit incluant le petit déjeuner. C’est parfait.

Jour 3 Baie Ste-Catherine

Katrina arrive. J’ai bien fais de me prendre une chambre, il a plu toute la nuit. Ce matin la pluie a cessé, mais il est 10h00 et ça recommence.

Beaucoup de pluie à venir en perspective. Ce sera un arrêt obligatoire pour la journée. Demain ça ira mieux. C’est bien connu, après la pluie le beau temps. Je vais profité de ma chambre pour dormir, lire, lire, dormir. D’autant plus que je suis parti avec un bon livre emprunté à Diane une amie – Cessez d’être gentil. Soyez vrai – de Thomas D’ansembourg. Comment être avec les autres en restant soi-même. C’est bon à lire. Rien de vraiment nouveau, mais ça fait du bien et remet certaines choses en perspective.

12h00 il pleut toujours. 13h00 il pleut encore, et vraiment beaucoup. De ma petite chambre de motel, je vois l’embouchure de la rivière Saguenay, c’est brumeux. Il fait environ 15°C le temps et très humide. Je passe du temps au resto, je prend un café, je retourne lire et dormir. Journée penaude.

Je commence à être un peu découragé. La météo annonce moins de pluie dans les prochains jours, mais des vents froids. Est-ce que j’ai le goût de passer mes vacances à me les gelés ? D’autant plus que je vais rouler le long du Fleuve et serai frappé par les grands vents.

J’ai de la difficulté à me décider. Je n’ai pas vraiment envi de me donner de la misère. Pas cette fois-ci, parce que oui à l’occasion ça ne me dérange pas. Je trouve même que dans l’effort, dans le dépassement de soi, on arrive à trouver une grande satisfaction.

Deux « Biker » passent pour eux la pluie ne semble pas être un problème.

19h vents violent et pluie diluvienne. Il n’y a plus d’électricité, mais j’ai tout juste eu le temps de me faire servir au resto de l’hôtel. Club sandwich au saumon, excellent !

Ils ont appelés Hydro-Québec, le courant devra être rétablit vers les 21h30. Mais selon moi le pire n’est pas encore passé. L’ambiance est particulière. Il fait sombre. Seule quelques chandelles éclaires les lieux. Ont se croiraient dans un film à suspense. Les gens entrent et sortent de l’hôtel, à la recherche d’un endroit où s’abriter et se protéger de l’intempérie. Il s’installe une certaine fraternité. Mais non pas au point de partager mon sandwich avec ceux qui n’ont rien à manger ! 

Je retourne à ma lecture, c’est de toute façon à peu près tout ce qu’il y a à faire. Je suis ici bloqué depuis deux jours maintenant. Ce n’est pas évident, je me sens un peu seul.

Jour 4 Baie Ste-Catherine – Cap Chat

Au levé je m’empresse de mettre le bout du nez dehors et … il ne pleut pas. La pluie semble avoir passé, il y a même quelques rayons de soleil. Je me prépare, ce matin je reprends la route vers le Nord, c’est décidé je poursuis vers Natashquan. Il est 07h30.

En déjeunant, j’apprends que les employés des traversiers vont appliquer ce matin des moyens de pressions pour revendiquer de meilleurs conditions de travails. Comme je dois traverser de Baie Ste-Catherine à Tadoussac, je me dépêche un peu.

La traverse n’est pas très loin d’ici à 2 ou 3 km. En roulant je constate que la pluie forte à causé de nombreux dégâts. La route et jonché de débris. Les affaissements de terrain sont nombreux. Enfin j’arrive au quai.

Le préposé m’incite à embarqué, mais m’annonce que je n’irai pas très loin, la route étant coupé un peu passé Tadoussac avant la jonction pour Sacré-Cœur. C’est donc dire que je ne peux pousser vers l’Est, ni vers le Nord. Je décide de rebrousser chemin, de revenir à l’hôtel et de prendre le temps d’écouter la télévision, pour en apprendre plus sur les évènements météo des derniers jours. J’apprends que toutes les routes de la région sont coupées. Pas moyen d’aller nulle part. La seule chose envisageable et je ne suis même pas sur que c’est possible, c’est de revenir sur mes pas, jusqu’à St-Siméon, de prendre le traversier pour Rivière-du-Loup et de rentrer à la maison.

J’arrive finalement à St-Siméon après avoir rouler en zigzagant les nombreux débris sur la route. Effectivement, je ne peux aller plus loin. La route est bien coupée ici aussi, mais juste après le chemin du quai. C’est une chance. Comme c’est la seule façon de sortir de la région, il y a beaucoup de monde. Certains sont ici depuis 16h la veille, le service de traversier ayant été arrêté, pour cause de mauvais temps. J’espère pouvoir faire l’embarquement.

Pas de problème. Je vais traverser. Ils me font me stationné entre deux voitures de façons à prendre peu de place. Je rencontre d’autres motocyclistes. Comme-moi certains ont étés bloqués et retournes sur leurs pas. Je veux rouler, je suis arrêté depuis 2 jours et demi maintenant. De l’autre côté j’aurai deux choix retourner à Montréal, ou bifurquer vers la Gaspésie.

A bord de la traverse je rencontre d’autres motocyclistes dont le sosie de Sean Connery. Il est de Waterloo et a rouler l’Est des Etats-Unis, le Nouveau Brunswick, l’île du Prince Edouard, la Gaspésie et hier il traversait sur la rive Nord pour poursuivre quelques jours encore. Parti depuis 2 semaines il s’enligne maintenant pour retourner à la maison, mais me donne envie de poursuivre mes vacances vers la Gaspésie.

C’est décidé. Je débarque de la traverse, m’informe des conditions routières dans la région et roule vers l’Est. Natashquan ne veut pas de moi, Katrina la décidé ainsi, ce sera pour une autre fois.

Ne me sentant pas du tout pressé, je fais les baies, une à une, je traverse chacun des villages lentement.

Je me paie au vieux phare de Pointe-Aux-Pères, un bon dîner. Filet de morue, riz, salade à la Grec et une bonne bière.

Je roule, la fin de journée s’annonce. Cap-Chat et s’est éolienne me charme. Le paysage est magnifique. Il fait beau. J’arrête au gîte l’arc-en-ciel. J’ai besoin de parler, de rencontrer des gens, rien de mieux qu’un gîte pour ça. Je rencontre Denise la tenancière et son mari René. Des gens gentils, avenants, et charmants. René travail comme guide touristique au parc des éoliennes de Cap Chat, sont travail le passionne. Les deux aiment parlés. Vraiment !

Jour 5 Cap Chat – Percé

Wow ! Il est 08h00 et il fait déjà 22° au thermomètre de Madame Bérubé. Elle s’étonne normalement c’est la température qu’elle retrouve au mois de Juillet. La journée, va être magnifique. Les prochains jours s’annoncent chauds, beaux et ensoleillés.

La route est magnifique. Les baies se succèdent. Je suis un peu surpris de me sentir triste malgré toutes cette beautés. Je n’arrive pas à être heureux, satisfais ou combler.

Je roule encore un peu. J’aurais besoin de parler, de prendre contact avec mes proches.

High definition CCD image

Au phare de Rivière-Madeleine, la dame est gentille, le temps est bon, le café aussi. Ils ont un service internet, j’en profite pour envoyer un courriel à Pierre au bureau et à Sonia. Pourquoi seulement à eux ? Il faudra que je prenne le temps de bien arranger mon carnet d’adresse courriel la prochaine fois pour pouvoir rapidement communiqué avec les autres.

Je pense beaucoup, je pense trop. Je pense à ma vie, à Sylvie. Je pense à mes bonheurs à mes malheurs.

Je reprends la route et probablement m’arrêterai luncher à Gaspé.

High definition CCD image

Pas de lunch la ville n’est pas invitante, beaucoup de béton. Je continue pour Percé, j’y serais assez tôt en après-midi. J’ai faim, j’ai soif mais ça va. La route est belle. Ça roule bien. Aie ! Une guêpe vient d’entrée dans ma manche de manteau. Ça brûle. Elle m’a piqué au poignet, la vache.

High definition CCD image

La descente vers Percé est magnifique. Il fait tellement beau, pas de pluie depuis Baie Ste-Catherine. Il fait chaud. Je traverse la ville tranquillement, question d’en prendre le pouls.Mon idée, serais de me louer une chambre dans le bar ou le club de la place. J’ai besoin de bruit, d’un peu de vie alentour de moi. Un peu inquiet, j’arrête à la pharmacie, j’ai besoin de consulter et de me faire rassurer au sujet de ma piqûre de guêpe.Je me cherche une chambre, je ne veux pas payer 70$ ou 80$. Le camping ça ne me dit pas. Je traverse la rue pour aller vérifier les prix au motel Bellevue. Bon c’est un peu cher mais la dame connaît quelqu’un qui a des petits chalets à louer pour environs 45$ la nuit. Elle l’appel mais c’est complet. Elle me dirige au Motel Impérial, de l’autre côté de la rue.

On m’offre la première chambre face à l’eau pour 50$ la nuit. Je la prends, c’est réglé, après tout c’est Percé quand même.Le coucher du soleil est magnifique. J’en profite pour faire de la photographie. La nuit tombe. Je prends quelques verres de vin dans ma chambre et sort me payer un bon souper de pâtes aux fruits de mer. Il me semble que j’en avais rêvé depuis quelques jours. C’était succulent. Je suis seul et je le ressens. Partager ce souper en agréable compagnie aurait été bon.

Jour 6 Percé

C’est samedi, ce matin le soleil brille. Il est tôt. J’ai besoin de laver mon linge, mes jeans surtout. Je vais au lavoir, à la Buanderie du Village, à quelques pieds de ma chambre. Pendant ce temps je vais au café du coin prendre le petit déjeuner.Je pars explorer la région à pieds. Le temps est magnifique. Je me fais plaisir, je me procure une carte d’appel, prends mes messages, Sophie, Jean-Wilfrid, Maman, et Pierre ont appelés, je les rappels tous. J’appel mes garçons et j’ai aussi parlé à Sonia en après-midi. Ça m’a fais beaucoup de bien d’avoir et de donner des nouvelles. Je me sens plus léger. Ça va mieux beaucoup mieux.

Jour 7 Percé – Cacouna

Il fait encore beau. J’ai envie de prendre la route. Je me prépare.

La route est magnifique.

Au tournant de la route de Newport j’aperçois au loin ces immenses bateaux de pêches, des chalutiers pour la pêche en haute-mer.

High definition CCD image

J’arrête saluer M. René Lévesque à New Carlisle, en fait sa statue, plein pieds. Je roule une bonne partie de la journée.Il commence à faire plus froid, le ciel se couvre. La vallée de la Matapédia n’est pas aussi belle sous les nuages menaçants. Finalement j’arrive à Mont-Joli le fleuve est agité, il vente beaucoup, mais les nuages ont disparu. Je roule encore un peu et passe la nuit dans une auberge à Cacouna.

J’ai droit à un beau coucher de soleil.

Jour 8 Cacouna – Montréal.

Aujourd’hui je rentre à la maison. C’est nuageux. Il pleuvra, il pleuvra pas… Je m’arrête déjeuner dans un gaz bar et pique une conversation avec un autre « biker » de Québec, qui fait du camping dans la région pour 2 ou 3 jours. C’est toujours bon de rentrer au bercail.

Ce voyage m’a permis de vivre plusieurs émotions, et d’apprivoiser un peu plus la solitude. Les vacances en septembre c’est génial. C’est partout plus tranquille qu’en juillet ou en août.

duboutdmonde

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s